17 000 entreprises artisanales à reprendre en Aquitaine Maison Deuza -
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17 000 entreprises artisanales à reprendre en Aquitaine

3 octobre 2015

Des milliers d’artisans sont aux portes de la retraite. A Saint-Jean-de-Luz, un torréfacteur a accepté d’accompagner durant cinq mois son successeur. Un exemple à suivre en cette Semaine de la transmission d’entreprise artisanale.

« Mon ancien métier ? C’est très loin tout ça !  » Depuis avril, Peïo Elgorriaga, 43 ans, est le patron de la maison Deuza, célèbre torréfacteur de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques). Il a repris l’entreprise à Pierre Boislève, 67 ans, fils d’un torréfacteur angoumoisin, qui exerçait le…

« Mon ancien métier ? C’est très loin tout ça !  » Depuis avril, Peïo Elgorriaga, 43 ans, est le patron de la maison Deuza, célèbre torréfacteur de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques). Il a repris l’entreprise à Pierre Boislève, 67 ans, fils d’un torréfacteur angoumoisin, qui exerçait le métier sur la Côte basque depuis vingt ans.

Pierre et Peïo illustrent ce dont rêvent les Chambres de métiers et de l’artisanat en cette Semaine de la transmission de l’entreprise, organisée avec la Région. L’histoire d’un cédant qui trouve et forme un repreneur qui perpétue son activité. L’enjeu est de taille. Sur les 70 000 entreprises artisanales d’Aquitaine, 21% sont dirigées par un homme ou une femme âgé de plus de 55 ans. Leur départ en retraite, d’ici dix ans, concerne donc 17 000 entreprises et 40 000 emplois.

Le choix d’une reconversion professionnelle

Quand, en 2013, Pierre Boislève souhaite prendre sa retraite et qu’il met en vente son magasin de torréfaction, les acquéreurs ne se bousculent pas. Deux ans s’écoulent. Au même moment, Peïo Elgorriaga, gérant d’une filiale (de piles et batteries) d’un groupe basque espagnol en difficulté, cherche un nouvel employeur.

Le Luzien passe devant la boutique en vente. Émergent des souvenirs d’enfance :  » J’y venais avec ma grand-mère, j’ai encore le souvenir des odeurs de café, et j’aime tout ce qui est produit de bouche « , raconte-t-il. Plutôt que de rester dans le secteur de l’énergie, il va donc entreprendre une reconversion professionnelle. Il pousse la porte.  » C’était un soir sur le coup de 6 heures et demie, il m’a dit : « Je veux ce magasin » « , se souvient Pierre Boislève.

Le cédant a accompagné le repreneur

Ce dernier lui explique que  » le café c’est un art, il faut savoir doser, choisir la couleur, torréfier, préparer une mouture adaptée à la cafetière du client « .  » Transmettez-moi votre savoir-faire « , lui suggère Peïo Elgorriaga.

Les deux hommes vont donc travailler ensemble durant cinq mois.  » Il n’a pas été avare de conseils, m’a expliqué les tours de main en me disant de ne rien noter, de faire et refaire afin de tout apprendre « , raconte le repreneur. Le cédant lui passe les clés des 200 mètres carrés de la boutique au début d’avril 2015.

 » Peïo m’a épaté, il a une mémoire phénoménale, il est maintenant à fond dedans « , s’enthousiasme Pierre Boislève. La transaction financière s’est, semble-t-il, faite dans le même état d’esprit.  » Je suis raisonnable, dit Pierre Boislève, je n’ai pas voulu brader l’affaire, le prix au mètre carré est élevé à Saint-Jean-de-Luz, mais il fallait aussi que mon repreneur puisse rembourser son prêt bancaire.  »

En tout cas, Peïo Elgorriaga compte bien être derrière son torréfacteur en 2020 pour les 100 ans de la maison Deuza.

SUD-OUEST 16 octobre 2015

 





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Illustration publicité maison deuza : Xavier casalta (agent Folio)